Fédération des Associations Sociales et de Santé

Le conclave budgétaire wallon : une fausse bonne nouvelle

Mardi matin, comme bon nombre d’associations, nous avions les yeux rivés sur l’écran. Nous écoutions avec attention les paroles des ministres lors de la conférence de presse présentant les résultats du conclave budgétaire. Le gouvernement nous avait prévenu. Le temps est aux économies. On craignait donc comme tout le secteur associatif des coupes budgétaires. Au final, les résultats nous laissent insatisfaits au vu des défis qui nous attendent.

D’abord, c’est l’étonnement. Pas un mot sur l’action sociale. Pourtant, en 2026, à cause de la réforme du chômage, le nombre d’ayants droit au RIS (revenu du CPAS) a explosé. Dans la presse, on évoquait 45.000 dossiers en plus au mois d’avril du côté francophone. A l’instar des CPAS, ces personnes poussent aussi la porte de nos services à la recherche d’aide et de soutien au niveau juridique, matériel, alimentaire, psychologique, sanitaire… Par ailleurs, l’inflation est bien présente mais les revenus sont plafonnés. Pour les services, ce sont des personnes qui arrivent avec des dossiers toujours plus nombreux et toujours plus complexes.

Passé l’étonnement, nous devrions être soulagés. Pas de grandes coupes budgétaires annoncés contrairement à d’autres secteurs. Et un maintien des allocations familiales, c’est toujours ça de gagné pour nos usagers. Nous devrions être contents, reconnaissants peut-être même, mais nous n’y parvenons pas. Nous sommes et restons inquiets.

Pas de coupes majeures supplémentaires mais pas de réinvestissements non plus. En réalité, des coupes, nos services en subissent depuis plusieurs années. Certes, cela pourrait être considéré par certains comme de petits rabotages aux conséquences minimes :

  • 5% de réduction sur un subside facultatif contre l’octroi une convention pluriannuelle
  • Environ 1,8 million d’€ de coupes structurelles via les subsides AVIQ
  • La diminution des finances communales et provinciales qui impacte leurs plans de cohésion sociale et derrière nos associations qui en bénéficient
  • Les aides à l’emploi wallonnes qui perdront 6% à l’horizon 2029 mais rien en 2027 pour que nous puissions avancer « sereinement » dans les discussions avec nos ministres fonctionnels
  • Un fonds social européen va être fortement réduit, voire disparaitre

Nous n’avons pas encore reçu les résultats du conclave budgétaire fédéral mais cela n’augure rien de bon.

Certes, nous survivons jusqu’ici mais nos offres de services et de soutien à la population diminuent malgré l’augmentation du nombre d’usagers.

C’est l’effet ciseaux évoqué dans le rapport de la Fondation Roi Baudouin sur les ISBL de 2026. Nos subsides et recettes diminuent et nos dépenses et les besoins augmentent.

A cette allure, lentement mais surement, à moyen terme, de nombreux services vont disparaitre. On ne pourra pas pointer la mesure qui les a mis par terre.

On regrettera cependant la diminution de la solidarité entre les plus solides et les plus vulnérables. Par exemple, en baissant les impôts sur les droits de succession ou en offrant aux propriétaires des onéreux véhicules électriques d’être les plus petits contributeurs.

Image de upklyak sur Magnific

Fédération des Associations Sociales et de Santé